Bitcoin, Ethereum et les altcoins, l'escroquerie ?

Image : Copilot Designer
Tout le monde a entendu parler des cryptomonnaies comme le bitcoin, l’ethereum et autres. Beaucoup ont spéculé ; certains se sont enrichis à leurs débuts, d’autres ont tout perdu.
La genèse du bitcoin
L’idée de départ du bitcoin, la première des cryptomonnaies, était louable :
- permettre de gérer des fonds monétaires de manière décentralisée ;
- des frais de transaction faibles ;
- la rapidité des transferts.
Sauf qu’avec l’évolution du nombre de spéculateurs et de très mauvaises applications, tout a été revu à la hausse : les frais sont exorbitants, les transferts sont lents et, au vu des applications minables et peu ergonomiques qui pullulent sur le Play Store, on pourrait dégager deux applications viables : Coinbase et Binance. On est très loin d’une véritable décentralisation (même si, dans les faits, techniquement, elle existe).
Les plateformes de trading s’emparent du marché
À défaut d’avoir des applications décentralisées viables pour les transferts d’argent entre particuliers, les plateformes de trading s’emparent du marché. Pourquoi ? Pour être populaire, une cryptomonnaie doit être utilisée par un grand nombre, et il me semble normal de dire qu’il devrait y avoir plus de particuliers que d’investisseurs. Mais si l’on rate le coche chez les particuliers, on peut toujours s’occuper de celui des investisseurs, où il sera toujours aisé de trouver des personnes cupides, pensant pouvoir gagner de l’argent rapidement et sans effort.
Les applis décentralisées
Les applis décentralisées, à l’instar des plateformes de trading, permettent réellement de posséder son argent (sur une plateforme de trading, c’est elle qui détient vos fonds, comme une banque en somme, sauf que si elle coule, il n’y a aucune loi pour protéger vos avoirs à hauteur de 100 000 € comme en Europe). Bref, des plateformes comme Atomic Wallet vous permettent de gérer votre argent : vous pouvez effectuer des transferts entre comptes et modifier les frais de transaction pour les limiter.
Mais le gros problème est que le dépôt d’argent est de 5 %, ce qui est excessif. Si une transaction échoue, comme cela peut arriver avec l’ethereum et ses tokens ERC‑20, les frais seront quand même débités de votre compte. De plus, ils varient continuellement, ce qui augmente considérablement la probabilité d’un échec si le cours de l’ethereum est haussier.
Les gagnants : les plateformes de trading et les mineurs
Au final, les grands gagnants sont les plateformes de trading, qui vous font croire que vous pouvez gagner des millions. C’était peut‑être vrai à une époque ; c’est de moins en moins le cas aujourd’hui (même s’il est difficile, avec la hausse actuelle, d’être perdant dans le trading - ou alors il faut vraiment être très mauvais). Elles prélèvent continuellement des commissions, parfois assez élevées, parfois plus faibles selon les plateformes (officiellement pour payer les mineurs, officieusement pour s’en mettre plein les poches).
En effet, pour une plateforme de trading, si vous achetez des bitcoins avec de l’ethereum, par exemple, la plateforme dispose déjà des fonds ; le transfert ne lui coûte donc rien, ou presque. Bref, même avec un taux faible, elles se gavent.
Les cryptos dans la vie quotidienne
Faisons rapidement une analogie historique. Il n’y a pas si longtemps (à l’échelle humaine), en Russie, la noblesse parlait français tandis que le peuple parlait russe. Au final, c’est le russe qui est devenu la langue commune à l’ensemble du pays.
En suivant ce raisonnement, il est facile de remarquer que les cryptos n’ont aucun intérêt pour les usages quotidiens : les frais sont exorbitants. Qui paierait entre 0,50 € et 3 € de frais de transaction (selon la plateforme et celle du destinataire) pour acheter une baguette de pain à 0,85 € ? Qui réglerait des achats ponctuels de 10 € dans un magasin de quartier avec les mêmes frais ?
Et d’ailleurs, qui accepte réellement ce mode de paiement ? Les sites de torrents pirates, peut‑être… mais votre boulanger ?
Les plateformes de trading lancent leur Visa ou leur Mastercard
Dernière mode en date : lancer une carte Visa ou Mastercard afin de rendre les cryptos un peu plus liquides et plus facilement dépensables. Le hic, c’est que c’est vous qui payez les frais, mais aussi le commerçant. Les plateformes continuent donc de vous enfumer, tandis que les mineurs, pollueurs (cf : la consommation électrique générée par le minage), se gavent.
Aucun avenir alors ?
Après avoir démonté les cryptos, reconnaissons‑leur tout de même un avenir : tracer des produits ou des aliments pour savoir où ils sont fabriqués et connaître la chaîne d’approvisionnement, de distribution, etc. Mais tant qu’il y aura autant de liquidités dans cet écosystème, ces projets resteront embryonnaires.
Pour finir, après avoir testé les cryptos les plus courantes, la seule qui se démarque est Stellar Lumens (XLM) : des frais de transaction inférieurs au centime de centime (0,000000089 € au jour d’aujourd’hui) et une grande rapidité d’exécution. Mais si Stellar Lumens devenait aussi populaire que le bitcoin ou l’ethereum, qu’adviendrait‑il de ces frais ? Ne grimperaient‑ils pas en flèche ?
En conclusion
Si vous avez quelques milliers d’euros à investir, pourquoi pas (miser 100 € n’a aucun sens…). Mais hormis la spéculation, basée dans le fond sur une chaîne de Ponzi - sans nouveaux acquéreurs, les cryptos s’effondreraient -, elles ne servent pas à grand‑chose. Je défie quiconque de me prouver le contraire !
Publié le 22 novembre 2020

